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27.03.2008

14-17 mars : Phillip Island

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Il fait ultra chaud, ce vendredi, lorsqu’on décide de partir à Phillip Island. Trente huit degrés, précisément. Beaucoup de Melbourniens -et même des gens du monde entier- sont impatients d'aller voir le Grand Prix, nous on préfère la nature et la plage. J’ai quand même pu entendre le bruit des bagnoles lors d’un trajet en métro aux abords d'Albert Park, là où a lieu l’évènement. J’avais l’impression que le tram se faisait doubler par des Formules 1…Saisissant. Mais la plage c’est mieux, surtout avec cette canicule. Les beaux jours vont bientôt s’arrêter, il faut en profiter un maximum.

Phillip Island est un petit coin de paradis situé à environ cent cinquante kilomètres à l’est de la baie de Melbourne, à l’opposé de Torquay. Elle est très appréciée pour sa côte sauvage, ses spots de surf, ses parcs de koalas, ses phoques et surtout ses pingouins. Cette fois-ci l’équipe est un peu plus fournie. Outre Margault et Max, Gunjan (Gee), Austin et Friedrich sont de la partie.

Margault comme d’hab’ a tout géré : train, hébergement, bagnole de location, plages et visites…On n’à qu’à acquiescer et mettre les pieds sous la table. Si elle n’était pas là, Max et moi serions sûrement dans une tout autre galère.

On décolle en bus de Southern Cross Station un peu avant seize heures. Friedrich s’endort d’entrée de jeu, bravo. Deux heures plus tard, on est au backpacler, qui a plus des allures de camping qu’autre chose. Ca s’appelle Amaroo Park, et ça a l’air au top. Ca ressemble à une baraque typiquement victorienne, de plein pied, avec une terrasse en bois couverte devant. Des plantes vertes partout, des cages à oiseaux et même une fontaine…Le cadre est superbe.

Coup de bol, ce soir : comme notre groupe s’est agrandi au cours de la semaine, la patronne nous a filé un bungalow au lieu du classique dortoir. C’est tout propre, tout neuf. C’est tout équipé (y’a même une télé) et les lits sont confortables. Pour trente dollars la nuit (vingt euros), petit dej’ compris, on n’est pas trop mal tombé.

Un petit saut dans la magnifique piscine et il est déjà l’heure d’aller au Coles du coin. On prend tout ce qui faut pour se faire des casse-dalles au bacon, tomate, salade, qu’on dégustera sur la plage demain midi. Ce soir c’est pizza, et séances visionnage de photos made in Melbourne sur l’ordi de Friedrich. Il faut absolument que je lui choppe tout ça…Minuit, tout le monde va se coucher pour être au top demain matin.

La nuit a été royale : fraîche et silencieuse. Il est tôt ce samedi matin mais l’air est déjà très chaud. Petit dej’ à la cantine. J’ai pu testé le beurre de cacahuètes, ce que je ne ferai pas deux fois. Austin fait griller le bacon et confectionne les casse-dalles. Dix heures, la voiture louée nous est livrée au camping. Il s’agit d’une Mitsubishi avec boîte automatique, très confortable, moumoute sur les sièges…Quelle bande de frimeurs, ces japonais. Vingt dollars (douze euros) par personne pour deux jours, honnête.

C’est moi qui conduis le bolide jusqu’à Smith Beach ce matin, et bien que la caisse soit agréable à conduire, j’ai du mal à me faire au volant à droite…On descend la Smith Beach Road, avec ses sublimes baraques en bois sur pilotis sur la droite. Y’a de la tune ici, comme à Torquay. Et là, en arrivant sur la plage, stupéfaction totale chez Max et moi : c’est le Finistère ici ! Même rochers, même sable, mêmes algues, même océan…Cette impression de revenir à la maison, ça fait vraiment bizarre.

Enfin, ici il fait quinze degrés de plus et les vagues sont surpuissantes. Austin, Gee et Friedrich louent planches et combis, et partent peaufiner leurs skills dans les premières vagues. Moi, je bois la tasse et j’ai du sable plein la raie. Ok, je l’ai bien cherché. Je teste aussi la planche de Max. Après avoir frôlé la mort deux ou trois fois dans des vagues immenses, j’opte pour la sagesse et abandonne dignement.

En milieu d’après midi on rend visites aux koalas dans un parc situé à cinq minutes de la plage. C’est mignon tout plein, j’adore leurs oreilles touffues, leur regard niais, et la façon dont ils te fixent. Ils ne sont pas vraiment intimidés, à vrai dire. Bon, c’est sympa les koalas, mais finalement on s’en lasse vite, y’a pas grand-chose d’autre à voir, à part quelques wallabies ici et là.

Le soir, c'est kangourou burgers au menu. On part au Coles acheter de l'émincé qu'on recompose ensuite en forme de steack. Bacon, tomates, oignons, maïs grillé et tout ce qui va avec. Le barbecue du camping fume de partout. Austin est au four et au moulin pour nous concocter une merveille de repas...Pendant la phase digestive au "goon" (vinasse bas de gamme) et à la Victoria Bitter (bière...bas de gamme), un oppossum passe par dessus une barrière en venant de la route. Il s'arrête pour nous fixer, comme à leur habitude, et monte dans un arbre, lentement mais sûrement.

Tandis que Margault et Maxime vont se coucher après une dure journée de surf, Friedrich, Austin, Gee et moi partons à la découverte de la vie nocturne de Cowes. On a entendu parler d'une soirée dans un pub local, allons-y. Les américains s'éclatent comme des fous dans un bar rempli à bloc. Ca me paraît incroyable qu'on puisse autant se marrer en boite sans la moindre goûte d'alcool dans le sang. Tant mieux pour eux, ils font des économies. Moi aussi, d'ailleurs, puisque j'ai planqué deux ou trois VB dans mon bermuda. J'ai souffert pour retrouver mon plumard, mais mission accomplie quand même : j'ai dormi à bon port, et sans dépenser le moindre gouenec au bar.

Le dimanche aprèm est encore dédié à la plage, puisque le temps est encore une fois radieux. Les amériains partent en début d'après-midi, ils ont du boulot lundi. Margault, Max et moi restons profiter du soleil : notre agenda n'est pas aussi fourni que le leur...Le soir, on cuisine des toasts grillés avec des oeufs brouillés et des tranches de fromage devant Volte Face. Nuit paisible et réparatrice en perspective...

On est lundi, dix heures. Max et moi faisons griller le bacon pour les casse-dalles du midi. On ajoutera au bacon des morceaux d'avocat, de la laitue et des rondelles de tomate entre deux tranches de pain grillé. On a pris le pli, maintenant. Il est midi, l'heure de prendre le bus et quitter ce mini-paradis sur terre. On était tenté de visiter plein de trucs, ce week-end, mais la chaleur nous a finalement guidé vers la fraîcheur de la plage aux allures de finistère. C'est pas moi qui m'en plaindrais, en tout cas...

8 – 10 mars : Torquay

C’était un passage obligé pour nous. Enfin surtout pour Max, qui pratique le surf et qui rêvait d’aller à la Mecque mondiale de la discipline, là où tout a commencé.

Après la fête, la défaite : le réveil est dur, mais il va bien falloir y aller un jour…Chantal a tout juste le temps de nous démontrer ses talents de cuisinière qu’on doit déjà préparer notre sac et rejoindre Margault à devant RMIT Bourke St. Le train part à 18h40, on a le temps de se poser et prendre quelques photos de la magnifique Southern Cross Station. Les architectes brestois feraient bien de prendre des notes…

C’est l’heure de décoller, on entre dans le wagon. J’avais eu pas mal d’échos sur les trains ici, et pas forcément des très bons, au contraire. Force est de constater que c’est très confortable, silencieux et que ça va vite. Peut-être qu’une fois sortis des grandes villes, le réseau devient moins bon, mais autour de Melbourne, ça tient largement la route. On s’arrête à Geelong, pour prendre le bus. On fait la connaissance de travellers wallons forts sympathiques qui viennent à Torquay surfer aussi.

Le bus nous dépose devant l’unique backpacker du coin, qu’on n’a évidemment pas réservé. Ca aurait été trop facile, et incohérent avec notre stratégie improvisatrice qui nous caractérise bien. Une minette de quatorze piges nous accueille. C’est full, of course. Elle nous propose quand même une tente pour deux personnes. C’est soit ça, soit on dort sur la plage. On n’hésite pas longtemps et on prend la tente. On ne payera que pour deux personnes, en plus. Et pour demain, on a une chambre de réservée. Encore une fois on est ravi de la gentillesse et du dévouement dont font souvent preuve les australiens. Margault, habituée à la mentalité, disons, « différente » de la capitale, n’en revient toujours pas.

La soirée est plutôt tranquille, vu qu’il est déjà tard et que le bled, sorte de station balnéaire, est bien calme. On se balade dans les rues à l’améwicaine, en admirant les belles baraques boisées de plein pied, construites de chaque côté de la route, et les nombreux vans old school garés devant…On atteint l’Esplanade, qui fait face à la mer et abrite les commerces. On se trouve un chinois, on boit quelques bières et on retourne au camping. Là bas on croise Friedrich, un des allemands rencontrés au camp. Ce qu’il fout là ? J’en sais rien. Il se faitrd, allons jeter un coup d’œil à la tente. On est serrés, mais on est confiant pour passer une bonne nuit.

On se réveille vers 9h30, complètement cassés, la nuit a été horrible. Dès qu’un d’entre nous bougeait ça réveillait les deux autres. Chaotique...Aujourd’hui, c’est journée shopping. Juste à côté du Bell’s Beach backpacker, une zone commerciale avec entre autre le siège de Rip Curl, et les sorties d’usines de Quicksilver, Billabong, Cult…Et j’en passe. Ceci dit, même si il y a des prix réduits sur certains articles, ça reste malgré tout très cher. Genre deux cent balles le t-shirt, ou cent balles les tongs…Max trouve une bonne affaire pour une board, à Quicksilver. Six cent dollars (quatre cent euros) pour une planche taillée à la main qui n’a servi qu’une ou deux fois. On visite rapidement le musée du surf, qui retrace l’histoire de ce loisir, que dis-je, ce mode de vie, synonyme d’amusement et de liberté. La cool attitude, quoi.

15H00, playa time ! On prend un taxi direction Jan Juc Beach, où baigneurs et surfeurs profitent d’une houle d’environ un mètre cinquante. Il n’y a pas beaucoup de sable, on est obligé de se poser au pied de la falaise, sur des cailloux. Mais on ne fait pas la fine bouche. L’eau est à environ vingt degrés, l’air à vingt cinq. On passe une après-midi royale…Après m’être éclaté comme un gosse dans les vagues, soleil dans la tronche, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour tous les collègues qui se gèlent les glaouis à Brest, Aberdeen, Copenhague ou encore Athènes.

La soirée est bien calme, encore une fois. On sent que l’été est fini ici, très peu de gens circulent dans les rues. On se dirige vers un restau sympa repéré la veille sur l’Esplanade, mais malheureusement le dimanche soir ça ferme tôt. Le cuisto nous dirige vers un pasta-pizza pas cher à quelques centaines de mètres de là. On rentre au backpacker pour passer une nuit paisible, dans une vraie chambre cette fois.

On est levé vers dix heures, il fait pas loin de 40° degrés, c’est irrespirable. J’avais pas senti une telle chaleur depuis les vacances en Tunisie, en 2002. On était bien tenté d’aller à Bell’s Beach, l’un des spots les plus prisés au monde pour surfer, mais les échos reçus ici et là nous refroidissent : la houle est beaucoup plus forte qu’à Jan Juc, et c’est rocailleux. Retour à Jan Juc beach, donc, où l’on en profite pour se rafraîchir et prendre des « washing machines » dans les dents. Vers 15h, le ciel melbournien fait étalage de tous ses caprices. Un vent frais se lève, les nuages arrivent, et la température passe sous les vingt degrés. Tout ça en vingt minutes !

On retourne au backpacker pour prendre nos affaires, finir les pizzas de la veille, et prendre le bus. Austin, Frierich, Setara et Eunice sont déjà là. Dommage qu’on n’ait pas passé le week-end ensemble. Y’en aura d’autres. Encore un week-end magnifique, à la Mecque du surf. Torquay n’est pas un site vraiment culturel. Il n’y a pas grand-chose à visiter si ce n’est le musée du surf et l’usine Rip Curl. C’est surtout une station balnéaire agréable à squatter, à même pas deux heures de la City. C’est pratique l’été pour les melbourniens de pouvoir passer un week-end sur la côte, après une semaine de travail dans la chaleur de la ville…

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18.03.2008

Premier contact avec les collocs, premier apéro…

On est vendredi, on a passé une partie de l’après-midi à faire le ménach’ dans la carrée. J’suis pas obsédé par les tâches ménagères (personne peut dire le contraire je crois), mais là c’était franchement limite, ce boxon indescriptible. Etape suivante, la création d’un compte à la Commonwealth Bank, puisque l’ouverture est gratuite quand t’es étudiant étranger. J’ai beau avoir pris une carte méga-trop-bien au Crédit des Manches à Burnes, j’ai toujours autant de problèmes pour retirer du blé…On a aussi profité de notre temps libre pour tester le chinois du quartier. Grosse gamelle de riz pour pas grand-chose, on reviendra. Il est presque dix-huit heures, on prend le tram direction la fac pour squatter le wifi et vérifier les mails. C’est fermé, c’est pas de bol, c’est la guigne, c’est comme d’hab...

On décide de quand même se poser dans un rade avec terrasse afin de profiter des derniers rayons de soleil de la chaude journée. Eh oh, on n’a pas payé le ticket pour rien. On reste jusqu’à la fin de l’happy hour à l’Urban Bar, un chic troquet entre Exhibition et Bourke St, en plein centre. Les serveuses italiennes sont sympas comme tout, c’est très classe, et y’a même une nana qui chante à l’étage, accompagnée par un pianiste. Il y a aussi du footie à la télé. Bar cosy ou pas, on déconne pas avec le footie, ici. On a donné rendez-vous à Margault, mais son sens aigu de l’orientation l’a empêchée d’arriver à bon port.

L’happy hour est terminé, on finit notre Beck et on part à la recherche d’un liquor store pour se ravitailler en houblon. Treize dollars (environ huit euros) le pack de 6 bières x 37cl. J’ai pas fait le calcul du prix au litre, mais comme dirait Max, ça crochète un peu. Cependant, quand on aime, on compte pas, hein. On en sirote une ou deux sur un banc en bas de Swanston St, devant le townhall, en attendant le tram. Un prêtre passe dans le coin et nous file un flyer « Dieu peut vous aider ». Nous aider ? On a tant que ça des têtes de clodos ? On s’est bien marré en tout cas…

Retour à la maison, où l’apéro a l’air d’avoir déjà bien progressé. On a enfin pu rencontrer Jamie, le néo zélandais. Vu son teint et ses traits de visage, il a sans doute des origines maoris, ou un truc du genre. Chantal nous avait pas menti, c’est un gars à la cool, qui picole comme un breton une fois le week-end arrivé. « Fucking french people ! ». Apparemment il a encore la haine depuis la défaite des Kiwis face aux Coqs…Il avait invité Matt, un pote du taf à moitié irlandais. Lui préfère le football –européen, s’entend-, et admire Zidane.

Les québécoises sont arrivées vers onze heures, après le boulot, mais sont presqu'allées directement se couchées : boulot, métro, dodo semblent être leur train-train quotidien...Margault nous a rejoint un peu plus tard, je ne pourrais pas dire à quelle heure. Léo, un pote brésilien à Chantal, se joignait aussi à notre collation apéritative. La bouteille de Ricard est finie, je pars me coucher vers cinq heures. Max pousse encore un peu jusqu’à six heures et demi. On va être frais pour aller à Torquay demain ! J’essaierai d’uploader des photos de la soirée (et d’autres trucs) dès que possible, mais comme tous les ports ou presque sont bloqués à la fac, je ne peux pas accéder à mon FTP.

11.03.2008

Photos du week-end Grampians

Voici quelques galleries de photos prises lors de notre week-end dans le bush victorien. Have fun !

Frédérique
Chelsey
Rachael
Margault 1 & 2
Florian

Et voilà quelques photos de Melbourne :

Frédérique

Merci à eux d'avoir pris le temps de les mettre en partage sur facebook.

Mission accomplie, enfin !

Ca y est, on a enfin notre chez nous…Pour une fois depuis qu’on est là, on a eu un semblant de chance. On a même eu le choix de notre maison, et on ne peut pas dire que ce fut simple.

C’était mercredi soir. Tout a commencé sur Gumtree, comme souvent, et comme pour beaucoup d’étudiants en quête d’un logement. On sort de la fac assez tard, comme d’hab’, vers 20h30, on a passé pas mal de temps sur le net pour dégotter des bons plans. Des bons, des vrais cette fois. Pas loin du centre, pas cher, des collocs pas trop relous, et ça nous ira très bien. Si en plus on peut avoir une place de parking pour que Max puisse garer le van qu’il projète d’acheter, ça sera encore mieux.

C’est devenu une habitude : on part se baffrer un junk food avant d’attaquer la (courte) liste de numéros en notre possession. Tous représentent l’Espoir de pouvoir un jour avoir notre propre piaule. Marre de la partager avec sept autres gus, marre du bruit des trains et des trams passant à cinq mètres de notre chambre #317, marre la cuisine commune squattée par vingt mecs tous les soirs. On a déjà dégotté une inspection pour demain (jeudi) par mail, dans Carlton Centre. Une chambre double dans une maison partagée avec plein d’étrangers. Des français, allemands et finlandais principalement.

La plupart des plans capotent, comme souvent : soit c’est déjà pris, soit il s’agit d’une chambre avec un grand lit et l’impossibilité de mettre deux lits simples à la place, où alors ça répond pas. Chantal répond quand même, la chambre qu’elle propose est toujours dispo. Il y a un grand lit seulement, mais elle peut en rajouter un autre sans problème. 125$ par semaine, « bills included ». Demain. Dix heures. Ligne 64, stop 53. Caulfield. Bingo, y’a intérêt que ça tienne la route. Deux visites demain matin, deux trucs qui sentent bon. Si on foire notre coup, on est vraiment les rois des busards.

On décoince vers huit heures, motivés comme jamais. Une fois n’est pas coutume, on se plante d’arrêt. Retour en arrière, au bon stop. Chantal nous accueille. Elle a à peine vingt piges, le style un peu bohémien, sympa et mignonne comme tout. Une copine niçoise l’accompagne, elle a sacrément l’air « dans le gaz ». Repère à junkies ? On n’en sait rien. On entre dans la baraque qui ne paie pas de mine a priori, avec son lambris extérieur à moitié défoncé, et le jardin qui n’a pas été entretenu depuis un siècle et demi.

Première impression, c’est hyper grand. Après un large couloir donnant sur deux chambres à gauche et une à droite, on entre dans un premier living room avec une cheminée, un tapis zébré et un canapé à côté. La pièce s’ouvre sur une véranda après le passage d’une voûte. C’est assez stylé. Table basse en verre, canaps défoncés récupérés chez Emmaüs et autres sortes de coussins asiatiques. C’est pas super rangé, c’est même un peu le boxon, voire beaucoup, c’est pas très propre non-plus. On s’y sent bien, quoi.

Dehors, un jardin d’une cinquantaine de mètres carrés. Barbecue déglingué, herbe haute de vingt centimètres et encore un canap démoli. Tout au fond, une sorte de bungalow avec un tissu bouddhiste sur une des fenêtres. Un couple de néo zélandais vit ici : « ils sont très gentils. En semaine on ne les voit pas beaucoup, parcequ’ils bossent, mais le WE, ils se lâchent grave...» Bien. Les autres collocs ? Deux anglaises, et deux québécoises. On ne les a pas encore rencontrées mais elles sont « nice », paraît-il. On ne demande qu’à voir.


Chantal nous montre enfin notre chambre. C’est nikel, très spacieux (pas loin de trente mètres carrés, à vue de nez), quelques vieilles étagères histoire de ranger nos fringues, une grande fenêtre donnant sur le jardin de devant…Ya même une cheminée. On pourrait dormir à dix dedans sans problème.

Chantal voudrait qu’on emménage assez rapidement, genre ce soir ou demain au plus tard. Un « pote » à elle lui a fait un sale coup, il s’est barré du jour au lendemain, sans rien dire, sans rien payer. Il faut vraiment qu’elle trouve quelqu’un pour payer les factures et le loyer. On n’a qu’à lui envoyer un texto après notre seconde visite pour lui donner notre réponse. C’est à nous de donner les réponses, maintenant, c’est incroyable…

On est super chauds pour l’habiter, cette baraque. On a adoré le côté spacieux et bordélique de l’ensemble. Les collocs n’ont pas l’air relous, d’après les échos qu'on a pu entendre. On hésite à lui dire oui, maintenant, mais il nous reste une piaule à visiter dans Carlton Centre, donc on se ravise. Ca a l'air solide comme plan aussi. On enverra un texto à Chantal après la visite, vers midi.

On prend le tram dans l'autre sens, direction le nord du CBD. Comme on a une heure d'avance, on en profite pour se balader dans le quartier, manger une salade verte (on ne se moque pas...) et boire un café dans un bar italien ultra classe. Vues les photos familiales en noir et blanc accrochées sur les murs, ça doit être une institution dans le coin. Le quartier est fort sympathique, bien plus vivant que North Caulfield, avec des boutiques et des gens partout. On est a cinq minutes à pied du centre...Ca flaire bon, pour une fois.

Midi trente. Lilian, la dame avec qui m'avait contacté par mail nous ouvre la porte de son local de notaire. Elle nous amène en bas de la rue, près de Drummond St, là où se trouve la piaule. La baraque est plutôt grande, et ça vaut mieux : huit locataires en bas, huit locataires en haut ! Des français, finlandais et allemands, essentiellement. Notre chambre est bien plus petite que celle qu'on a visité il y a une heure, par contre. Il y a un petit jardin derrière, ça a l'air agréable à vivre.

Difficile de faire un choix…Lilian nous explique qu’elle a cinquante-cinq demandes pour cette chambre, dont quatorze couples ! Je lui demande si on a une chance de l’avoir, et me répond : « j’ai toujours eu une bonne expérience avec les français, j’ai toujours eu du flaire avec eux. Si vous me dites oui maintenant, elle est à vous ». Que choisir ? Finalement après trois minutes de réflexion, on opte pour North Caulfield, ou la liberté (Lilian semble superviser un peu trop la vie dans la maison, à notre goût), l’espace, et les collocs avec qui on semble sur la même longueur d’onde. La place de parking a aussi été déterminante. Tant pis pour la proximité. Ca m’a fait mal de dire non à Lillian, mais c’est comme ça…Au moins on a eu le choix, et ça parait incroyable tant on a lutté pour trouver quelque chose jusqu’à maintenant.

On est euphoriques, on va enfin pouvoir se stabiliser quelque part. Le soir, après les cours, on retourne au All Nations Backpackers récupérer nos affaires, avant de se barrer définitivement. Petit problème, on a réservé pour une semaine, et il nous reste trois nuits à passer là-dedans, soit soixante-dix dollars de perdus. Gros problème : on a réservé pour la semaine prochaine aussi. Le Grand Prix arrivant à grands pas, on flippait de se retrouver à la rue pendant cinq jours. Malgré la négociation, impossible de se faire rembourser…On n’obtiendra qu’un « bons pour dix nuits valables pour un an » dans le même backpacker…Maxime aura l’occasion de les réutiliser début août, donc c’est pas perdu, mais pour moi, c’est baisé.
Il est pas loin de minuit quand on arrive « chez nous » (ça fait bizarre !). Chantal est encore debout, les autres sont soit au boulot, soit au lit. On boit un Ricard pour célébrer notre venue et puis on part se coucher de notre chambre de trente mètres carrés. Jusqu’à présent on était habitué à vivre à huit dans une chambre de vingt mètres carrés…On n’a qu’un lit pour l’instant, mais dès demain elle en installera un deuxième. « No worries »

02.03.2008

Dimanche 2 mars : bootcamp, day 3

Argh, le réveil est dur, quand même. Ce matin on décolle à dix heures, relax. Avant, on assiste au nourissage des kangourous par la proprio du camp, puis on prépare nos casse-dalles du midi. Max est dans le gaz complet, je sens qu'il va pas voir grand chose du voyage. On prend le car pour aller visiter une ferme de moutons tenue par un mec présent la veille. Il nous explique un peu comment il gère son affaire, période après période, les problèmes liés à l'élevage (larves de mouches dans le fion, conjonctivites etc..). On a aussi droit d'assiter à la tonte d'une bête. Pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent, on se tire vers midi pour aller manger sur une aire de repos.

L'après midi est déjà un peu plus intéressante, on visite la Sovereign Hill, un village entièrement reconstitué comme à l'époque des chercheurs d'or. Un vrai farwest, c'est vraiment bien fouttu. Les gens qui travaillent dans les boutiques sont habillés comme autrefois, et dans les quatre coins du village des démonstrations sont organisées. On a par exemple pu admirer un flic faisant étalage de tout l'attirail dont ils disposaient jadis, des menottes au fusil en passant par la matraque. Avec un coup de feu en l'air pour finir ! Grandiose. On a aussi ramassé des tamis pour tenter de trouver the pépite, mais que dalle. Après la visite d'une mine (the red hill) et d'un village chinois (très présents déjà à l'époque), on s'en va boire un coup au saloon, étape incontournap' du village. Manquait plus qu'un mec au piano et une baston au fond du bar pour vraiment être dans l'ambiance.

On décolle vers quatre heure trente pour retourner vers Melbourne. Ce week-end a été assez mortel...Ca nous a fait du bien de quitter les gratte-ciels pour la campagne victorienne l'espace de trois jours. C'était aussi la première fois depuis notre arrivée qu'on rencontrait des vrais australiens, et on n'a pas été déçus, ce sont des gens vraiment sympas et accueillants...

01.03.2008

Samedi 1er mars : Hamilton, swing et blues

Huit heures. J’ai pas picolé beaucoup hier -trois verres maximum-, mais j’ai quand même la tête dans le cul. Je prends un p’tit dej’ bien équilibré avant d’attaquer une journée qui s’annonce assez longue : corn flakes, jus d’orange, toast grillés avec des œufs broyés, et banane. Impossible d’avoir un coup de mou avant midi avec ça.

On prend le car pour se rendre à Hamilton, petite ville de soixante mille habitants qui a prospéré lors du Gold Rush des 1850’s. On s’attarde sur quelques maisons typiques de la colonisation des anglais. C’est intéressant d’observer leur architecture soignée anglo-française, mais totalement inadaptée à l’environnement victorien. Alors qu’une maison typique australienne est sur plain-pied, avec de la brique rouge et une véranda surélevée pour chasser la chaleur et l’humidité, les maisons des riches anglais d’antan sont bâties sur deux étages, avec des fenêtre françaises. Résultat, l’étage était souvent inhabitable lors des grosses chaleurs. Sacrés anglais.

On passe devant le jardin botanique toujours à l’anglaise, puis devant les églises presbytère et protestante. Le style rappelle toujours l’Angleterre et l’Ecosse, mais leur construction relativement récente rend le tout plutôt laid. La « blue stone » (pierre bleue) utilisée jadis était symbole de robustesse, de prospérité, de richesse…Et son utilisation avait pour but d’asseoir la souveraineté de l’empire britannique sur l’Australie. Ca claquait sûrement à l’époque, mais personnellement j’irais pas construire ma baraque avec ça. L’église catholique, lieu de culte des irlandais, se trouve à l’autre bout de la ville : on mélange pas les torchons et les serviettes.

A quelques mètres de là, l’école primaire numéro 295 de l’état du Victoria. Toujours de la blue stone (en guise de fondation seulement, ici). L’école est gratuite en Australie, sauf lorsque les écoliers partent en excursion : les parents payent des extras dans ce cas. Comme en France, en gros. En théorie, l’école est laïque : les écoliers de toute religion peuvent y aller, et aucune croyance n’y est enseignée. Mais jusqu’à très récemment, les enfants protestants et catholiques ne se parlaient même pas…

Judy, notre guide nous montre le seul post office d’origine encore en activité dans le Victoria. A l’époque, il s’agissait d’un lieu de la ville très important, où se ruaient les gens pour obtenir des nouvelles d’Angleterre. Un courrier qui partait d’ici arrivait trois mois plus tard en Angleterre, et autant dans l’autre sens…La blue stone est encore présente dans les fondations du bâtiment.

Il est onze heures trente, on a rendez-vous à la Art Gallery de la ville pour visionner quelques œuvres. J’ai été sidéré par la classe du bâtiment : il n’y a pas beaucoup de villes de cette taille à pouvoir se targuer d’avoir une galerie aussi fournie. Grâce au gold rush et l’afflux de travailleurs venus faire fortune dans la région, beaucoup d’habitants d’Hamilton se sont enrichis. Les poches pleines de tune, certains ont pu faire le tour du monde. Beaucoup ont collecté de nombreux objets (tableaux, statues, manuscrits, vaisselle...) pendant leurs voyages aux quatre coins de la terre, et les ont ensuite légué à la galerie de la ville.

La visite termine vers midi et demi, c'est l'heure d'aller manger un bout au campement. L'après-midi, on a quartier libre : les courageux vont crapahuter pendant une heure, les autres peuvent déjà commencer à glander dans la piscine (j'avais oublié de vous dire qu'il y avait une piscine, mea culpa). Mais avant ça, tout le monde se rend un peu plus bas dans la forêt pour tester le swing, cet énorme élastique qui t'élève à une bonne dizaine de mètres de hauteur avant de te laisser tomber jusqu'à friser le sol...C'était risqué de tenter un truc pareil à peine une demi-heure après le repas, mais c'est à faire.

Passé ce moment intense (j'essaierai d'uploader des vidéos et des photos un de ces quat', mais là j'ai tout juste le temps d'écrire), la plupart des touristes s'attaque au Picadinny, un chemin escarpé qui grimpe une colline assez haute. C'est sableux, granuleux, rocailleux...Il y a quelques millions d'années de ça, la mer se trouvait ici, d'où le sable. Le soleil tape fort aujourd'hui : 25° à l'ombre et pas un kilomètre heure de vent. Ya intérêt d'être sportif ! Une demi-heure plus tard, on arrive tout en haut, pour une vue imprenable sur un plateau quasi-désertique immense, à peine contrarié par quelques collines vertes. Ce contraste s'explique par le simple fait que lorsqu'il pleut, il arrive que les collines bloquent l'avancée des nuages. Comme on disait avec Max, t'imagines deux zèbres et un lion et t'as l'impression d'être en Afrique.

Retour au campement pour une pause piscine bien méritée. Le Ricard et le vin acheté au vignoble coulent à foison, alors que les habitants de la communauté locale commencent à investir les lieux. Ce soir, on doit les rencontrer, afin de se faire une idée plus précise de la vraie vie dans l'outback victorien. Beaucoup sont agriculteurs, mais il y a également des docteurs, des profs, des ouvriers. On s'assoit à nos tablées, mélangés aux locaux, pour déguster des côtes grillées au barbecue avec un succulent gratin dauphinois. On passe ensuite aux chants de la chorale, les prouesses d'un mec au didjeridoo, un sketch hors-normes d'un quinquagénaire, les hymnes nationaux chantés par les étudiants (eh ouais, c'est la tradition...) et enfin Austin à la gratte. Ca décoiffe !

Superbe soirée, dommage qu'il n'y ait pas plus de vin ! A minuit y'a plus rien à boire, donc je décide d'aller au plumard. Tant pis si ça a outré les américaines.

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