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29.02.2008

Vendredi 29 février : bootcamp, day one

Il est 8h15, on avance dans Bourke St direction la RMIT pour demander où se trouve le point de rendez-vous. L’organisation est au top, chez nous…Problème, ça ouvre dans un gros quart d’heure. Ca me laisse le temps de boire un café peinard mais si le rendez-vous est à perpet’, on est mal. Comme Emilie ne participe pas à ce cours, elle passera le week-end avec Charlène pendant que Max et moi découvrirons dans la cambrousse victorienne.

On gruge le métro pour ne pas arriver trop à la bourre. On est environ une quinzaine à prendre le car, essentiellement des nord-américains (dix, contre six européens). On retrouve les deux parisiennes, Frédérique et Margault. Peter est au guidon, Chris Davies coordonne le week-end et le cours en général, et enfin Judy sera notre guide. Le staff est sympa, les étudiants aussi, même s’ils n’ont pas l’air d’être de gros fêtards.

On fait une première halte vers midi dans un bled dont j’ai oublié le nom, histoire de recharger les batteries. On part manger entre français (je sais c’est pas bien) dans un fastfood succulent et pas cher. Du fromage râpé sur les frites, j’avais encore jamais vu. On reprend notre route vers un musée sur la culture aborigène, sous un soleil de plomb. Le décor est incroyablement jaune. La sécheresse qui touche l’Australie depuis quelques années a laissé des traces fatales pour beaucoup de fermiers. Qu’il est loin, le temps où la verdure faisait la prospérité du Victoria…

Même si le bâtiment déchire pas mal, il n’y a pas grand-chose à voir, si ce n’est deux vidéos dans un petit cinéma. L’un évoque les mythes aborigènes, l’autre la création de l’Australie et de ses fabuleux paysages au fil des ères. C’est joli tout plein, mais ça ressemble fortement à un film promotionnel touristique. Le public est sceptique. Quid du massacre des Aborigènes par les Blancs ?

On retourne dans le car direction le camp où l’on va séjourner, dans un endroit verdoyant et montagneux. C’est sublime. Le camp est petit mais a beaucoup de charme : une salle centrale, où l’on se retrouve pour manger et faire la fête surplombe une cour. Un peu plus bas, se trouvent quelques bungalows qui peuvent accueillir une vingtaine de personne en tout. A côté, une salle avec un rétroprojecteur et des tables de ping pong.

On s’installe dans notre bungalow, avec les deux françaises et deux californiennes. On propose un apéro improvisé, pour clore une journée étouffante de chaleur. Les californiennes refusent : « on n’a pas encore vingt et un an ». Tant pis, elles savent pas ce qu’elles ratent. On passe au repas. Je délaisse les français et m’attable au milieu de six américaines, histoire d’améliorer mon anglais. J’ai franchement du mal à suivre leurs conversations, mais je rigole bien. Surtout avec Sharlee, le clone de Claire. Un kangourou se pointe près d’une vitre, à quelques centimètres de nous. Dépaysement total…

La journée n’est pas finie. Alors que la nuit tombe, une sorte de Crocodile Dundee nous passe un blind test sur la faune locale. Le cri du koala est franchement flippant ! La nuit est totale, on peut partir à la découverte de la forêt entourant le campement. Les kangourous, les opossums, les echidnés, les araignées…On les observe grâce à des lampes torches aux lumières rouges. On s’arrête au milieu d’un espace non boisé pour observer un ciel que nous européens ne connaissons pas. La Southern Cross, Mars et autres constellations ne sont visibles que depuis l’hémisphère sud. Jamais je n’ai vu un ciel aussi rempli d’étoiles, même par les nuits les plus pures de l’été finistérien.

Retour au camp, pour boire un coup avec Friedrich, le p’tit gars d’outre-rhin qui galère encore plus que nous en anglais. Florian, son compatriote quasi-bilingue, trinque aussi. On fait la rencontre de Danny par la même occasion, un texan pur souche. Deux piercings dans la lèvre inférieure, barbe de deux semaines, casquette vissée sur la tête, grosse paire de lunettes de soleil aux branches fuschias, chemise bûcheron sur un t-shirt arborant une scintillante Harley Davidson…Sans oublier l’humour gras et les pets qui ne le sont pas moins. On a affaire à une sacrée flèche, et en tant que brestois, je crois que je vais bien m’entendre avec lui.

Il est minuit, l’heure d’aller au pieu après quelques vannes balancées à Frédérique.

28.02.2008

Jeudi 28 février : la(es) surprise(s) du chef

Il est un peu plus de neuf heures du mat’, j’ai raté le p’tit dej, alors je continue le film que j’ai pas pu finir de voir la veille. Dix-heures quinze, Maxime nous annonce qu’on s’est planté dans la réservation. On n’a réservé que pour deux nuits, et non trois, comme on le pensait tous les quatre. On plie bagages dans la hâte une énième fois, faute de dispo ce soir. Direction le Kingsgate Hotel.

Je décide d’aller jeter un coup d’œil à la réception d’un backpacker qui nous avait bien plus il y a quelques jours, mais qui était plein à l’époque. Il y a de la place cette fois, et le prix est honnête : vingt-neuf dollars la nuit, p’tit dej’ compris. Le Kingsgate et ses quarante-deux dollars (p’tit dej’ exclus) ne fait pas le poids. Maxime et Emilie restent au Kingsgate. Charlène et moi optons pour le All Nations Backpacker.

On se retrouve à midi au Kingsgate pour aller manger un…burger en ville. Charlène part visiter le zoo, tandis que Max et moi allons enfin au bon rendez-vous de l’OW. Quasiment que des européens ou nord américains, des têtes entraperçues sur Facebook…Cette fois-ci c’est la bonne. On rencontre des parisiennes, étudiantes en traduction. Elles nous résument la semaine, et donc ce qu’on a raté, mais rien de bien méchant finalement. Par contre, elles en profitent pour nous apprendre qu’on part en camp dès demain matin, dans le cadre d’un cours sur la découverte de la culture australienne…On est au courant de rien, évidemment. Elles, se marrent : « eh ben, y’a encore meilleur que nous ! ». Elles parlaient sûrement de ce qu’on appelle communément le « freestyle », je pense.

Du coup on décide de ne pas participer à la conférence pour se concentrer sur les formalités administratives qu’on a ratées depuis lundi : inscription à la fac, formulaire d’inscription au camp, formulaire sur la concession card qui nous permet d’avoir des réducs un peu partout, et un autre formulaire sur les changements de cours.

Vers 18 heures, on part visiter un appart dans le Richmond, à 10 minutes en tram du CDB. On est confiant : cette fois-ci c’est pour nous ! Le quartier est très vivant, et l’appart situé dans une zone résidentielle calme et bien famée. C’est le top. Le problème, c’est qu’on est au moins quatre groupes en compet’. On déchante un peu mais bon, on garde la pêche : des déconvenues, on en a déjà connues.

En redescendant vers Swan St, la rue principale de Richmond, on s’arrête devant un bistrot français qui propose des spécialités de chez nous : escargots, salade niçoise et même le…brestois. On prend une photo en se fendant la gueule. Un jeune sort, et on commence à faire causette : le kir est offert, et on a un plan pour se loger : on a bien fait de venir. Le patron, qui draguait une australienne dehors, nous invite à venir au premier festival de la culture française. Pétanque, Ricard et BBQ : programme alléchant mais on a notre bootcamp dans l’outback victorien déjà planifié. Ca sera pour une autre fois…

Le soir, on vadrouille en ville dans le crachin glacial de Melbourne pour trouver un grec. Après trois quarts d’heure de marche, on retrouve le Stalactites, où Guillaume nous avait amenés dimanche soir. Une valeur sûre pour se caler le bide pour un prix raisonnable. On est requinqués pour aller faire un tour au Revault Bar, le troquet de l’école, qui accueille ce soir une teuf pour la fin de l’OW.

C’est un vrai défilé de mode, entre chemises Ralph Lauren et robes de soirées. On attend un quart d’heure avant d’être servi, ce qui m’a gavé assez rapidement. Surtout que deux tocards essaient de me gruger au comptoir. Le premier a réussi, et j’ai dû faire comprendre au deuxième que je ne me laisserais pas piner deux fois d’affilée. Un rital aux muscles saillants, maillot moulant de la squadra sur le torse, tape la causette avec Emilie et Charlène. Il est à l’image de beaucoup ici, venu pour s’afficher. C’est assez gerbant. Finalement les beuveries brestoises n’ont rien de ridicules.

On finit notre tasse et on déguerpit rapidos pour rentrer pioncer à l’hotel.

27.02.2008

Mercredi 27 février : glandage industriel

Aujourd’hui Max et moi avons une flemme incommensurable. Ras le bol de marcher vingt kilomètres par jour, on a décidé de s’octroyer une journée de détente. Au programme : jogging le matin pour se dégourdir les pattes et compenser les junkfoods ingurgités depuis notre arrivée, et plage l’aprèm’, puisque le temps est très potable aujourd’hui.

Après un p’tit dej’ vers neuf heures, j’enfile ma tenue de combat pour découvrir le quartier en footing, alors que max me suit avec ses nouveaux rollers. On passe dans la rue principale de South Melbourne, Clarendon St, où sont alignées toutes les boutiques, bars et restaus du quartier. Puis on entre dans Albert Park, où tout le monde s’active à préparer le Grand Prix qui a lieu le 13 mars.

Pendant que Maxime zig zague sur la route, je fais un léger détour vers Albert Lake, pour admirer le site. Les canards ont la belle vie ici. De l’autre côté du lac, on aperçoit les palmiers, et derrière, les gratte-ciels de Melbourne. C’est assez jouissif de courir dans un environnement aussi paisible et contrasté…

On passe devant l’Aquatic Center, qui accueille une compétition de natation inter-écoles. Le nombreux public, aux couleurs de leur école respective, encourage de vive voix leurs sportifs. Ca fait un sacré boucan. La pression existe dès le plus jeune âge ici, et quand on assiste à ça, on comprend mieux pourquoi les australiens dominent la discipline. Il en va de même pour le tennis, probablement.

Entrée sur le circuit de Formula One d’Albert Park, alors que les installations ne sont pas encore terminées. Certaines tribunes sont déjà en place cependant. On longe les stands des stars du circuit. Pierrot serait fou, s’il voyait ce que je vois…Ca fait plus d’une demi-heure qu’on est partis, on retourne vers l’hotel pour prendre une douche. Vers midi, on fait un détour au Safeway pour aller se ravitailler en flotte : l’après-midi risque d’être chaude On bouffe quelques samoussas dans le Franchine like à la sortie avant de prendre le tram direction St Kilda Beach.

Bon, la baie de Melbourne, c’est pas trop ça. En gros, ça ressemble au Moulin Blanc. Le sable est pas top, la mer n’est super clean, mais on fait pas la fine bouche, c’est toujours un luxe de se taper une plage à dix minutes d’une mégalopole. Erreur fatale : je m’endors une heure sous un soleil de plomb, sans lotion. Je paye l’enchaînement des courtes nuits depuis notre arrivée. Je vais le payer cher…On tente une baignade. Vingt degrés environ, pas trop salée…Ca fait du bien.

Le vent se lève, on prend du sable dans la gueule, donc on se casse à RMIT pour vérifier un truc qui nous taraude : est-ce qu’on s’est bien pointé à la bonne Orientation Week ? Premièrement, on est quasiment les seuls européens à être présents, tous les autres sont asiatiques. Deuxièmement, on n’a entraperçu aucune des têtes affichées sur le groupe Facebook. Il y a comme un truc qui cloche.

On se connecte sur l’internet de la fac pour vérifier les mails envoyés par RMIT il y a plusieurs semaines, lorsqu’on était encore en France : effectivement, on s’est planté de building, et on a assisté à un programme assez différent de ce qu’on a fait depuis le début de la semaine. On a raté deux-trois formalités comme…L’inscription à RMIT, par exemple ! On balise un peu, on s’en veut, mais commencer ne pas se planter, la fac est tellement grande et complexe…

On retourne à Urban Central retrouver Emilie et Charlène, qui ont passé leur journée à visiter la ville. Max et moi tentons un quizz musical 8O’s au bar. On est confiant, on a peut-être moyen de gagner les vingt-cinq dollars mis en jeun (soit cinq jugs de bière !). Le résultat tombe, on n’est même pas dans le trio de tête des participants.

Quelques verres et un pizza hut plus tard et je taille au pieu pour continuer le film entamé samedi soir, en rentrant de l’Irish Times. Comme je ne me souviens de rien, je reprends tout depuis le début.

25.02.2008

Lundi 25 février : mission Map, round two

La première fut un échec cuisant, et c’est aujourd’hui qu’on a décidé de laver l’affront. La nana de la réception à Wendworth nous a gentiment filé l’adresse de Map, on se prend à rêver : et si on trouvait l’appart de nos rêves ? A cinq minutes de Fitzroy St, trois chambres meublées, et un salon tout équipé, 600$ -soit environ 400 €- par personne et par mois…

Bref, on se rend à St Kilda road, au numéro 566/606. A cet endroit, « The Jewel », un superbe building top of the pop avec un café au rez-de-chaussée. On entre dans le hall du bijou, consulte la liste des entreprises qui ont élu domicile ici. Surprise, on aperçoit un « Map » très (trop) discret. C’est au 6è étage, bureau numéro six (d’où l’adresse 566/606…). L’intérieur du truc est mortellement classe. La nana de l’accueil nous file sa « rental list », qui recense toutes les offres de locations à la disposition de l’agence. Deux trucs sont plutôt pas mal, on peut même visiter une maison dès maintenant.

Mais on déchante rapidement : la baraque se trouve dans le quartier de Brighton, à quarante minutes en tramway du CBD, plus dix minutes de marche. C’est très résidentiel, pas de commerce, rien. La baraque en elle-même est une sorte de bungalow non-meublé…Max est prêt à le prendre, mais Emilie et moi refusons en bloc. Retour à l’agence pour déposer les clés avant d’entamer l’Orientation Week.

L’OW, c’est une semaine de conférences destinées à faire connaissance avec les autres étudiants étrangers et nous aider à nous familiariser avec la grand’ vèlle. Comment trouver un appart ? Comment obtenir un permis de travailler ? Etc etc…On est cinq européens, tous les autres sont asiatiques. On est un peu surpris, mais Cécile nous avait déjà parlé de l’omniprésence des « jaunes ».

Il est 16h30, on a notre deuxième appart à visiter, mais là encore c’est un peu la déception, puisqu’il faut près d’une heure pour s’y rendre. C’est à Bundoora, dans un des campus d’RMIT. Comme on a raté le rendez-vous avec le mec de l’agence, on frappe à une des résidences pour tenter de jeter un œil à l’intérieur. Un « russe oriental » nous ouvre les portes de sa demeure, et nous fait visiter. Il s’agit d’une résidence étudiante toute neuve, avec trois chambres et une salle de bain individuelle, plus le garage pour la caisse. 170 $ par semaine et par personne, factures exclues. C’est cher compte tenu de la situation géographique : pas un chat aux alentours, mal desservi en tram. On est dégoutté.

Au retour, on a le droit à une p’tite course poursuite sympa avec les contrôleurs, qui s’acharnent sur les asiatiques. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne déconnent pas avec les fraudeurs. A un moment, j’ai pu entendre un « now, what we are gonna do is to call the police… » lancé à un asiatique sans ticket. On descend du tram pour remonter dedans un arrêt plus loin, le temps que la patrouille se casse. On croise encore des mecs en costume aux couleurs aussies. Redescente, marche, puis remontée dans le tram. Avec un ticket valide cette fois.

Au retour, on s’arrête à RMIT pour aller sur internet, mais on ne peut y accéder sans login. On verra ça plus tard. On rencontre Dominic, un allemand qui trime autant que nous pour trouver un appart. Goodluck mate…On s’arrête aussi au Kingsate Hotel pour passer un coup de fil. L’adorable nana de l’accueil nous prête son ordi pour qu’on puisse jeter un œil aux offres de Gumtree. Il faudra vraiment qu’on pense à l’inviter à notre crémaillère.

Ce soir on squat l’Urban Central, le backpacker qui était complet samedi dernier. On y rejoint Charlène, qui a réservé un dortoir pour quatre. C’est tout neuf, le staff est sympa, il y a une sacrée ambiance, la bière n’est pas chère (cinq dollars la jug d’1.2L pendant l’happy hour), et des animations sont organisées tous les jours : quizz, tournois de billard, visites…Et tous les soirs le staff se charge d’organiser les repas, pour ceux qui veulent : pizzas, burritos etc…Pour moins de six dollars. La chambre est à trente-cinq dollars la nuit, petit déjeuner compris. C’est plutôt honnête, sachant qu’on touche le centre-ville.

Après une salade dégueu achetée dans le supermarché Safeway du coin, on fait la causette avec les travellers de l’hotel. Notamment Philip, un danois qui a découvert « le plus beau pays du monde » avant de venir en Australie : l’improbable Laos. Il aime bien le Ricard, c’est rare ici.

Il commence à se faire tard. Les écossais, qui ont revêtu leur kilt et le maillot national, montre leurs bijoux de famille. J’en profite pour m’en aller me coucher sur cette vision glamour. On est censé resté ici deux autres nuits.

24.02.2008

Dimanche 24 : la belle vie...

Il est dix heures ce dimanche matin quand on se réveille, malgré la fiesta de la veille. Impossible de vraiment faire de grasse mat' avec le décalage horaire. Je descends au rez de chaussée appeler Cécile, une fille de l'esc qui fait sa césure ici. On se donne rendez-vous vers seize heures à la State Library, histoire de taper le bout de gras.

En attendant, c'est comatage devant le fabuleux "Man on the Moon" de Milos Forman, avant d'aller se ravitailler au mac do, tradition dominicale oblige. J'ai été franchement surpris en découvrant des oiseaux dans la salle, en train de picorer les restes des clients, mais je dois avouer que ça rend l'endroit atypique. C'est l'heure de la promenade digestive en direction de la State Library, dans Melbourne Central. Il s'agit d'un vieil et magnifique immeuble victorien abritant un musée, et dont l'esplanade en herbe est un endroit très apprécié des citadins. Pic nic, sieste, lecture...

Aujourd'hui, c'est journée "Speakers Corner". Des mecs prennent un micro et parlent devant la foule affalée dans le gazon. Ce qu'ils racontent ? J'en sais rien. Y'en a un qui balance des slogans anti-capitalistes, tandis qu'une nana exhibe ses idées féministes. Les gens donnent l'impression de s'en cogner grave, ce qui n'empêche pas les "speakers" de faire preuve d'une grande conviction dans les propos. J'ai bien aimé le contraste...

On se rencarde avec Cécile sur divers topics : quels cours prendre ? Faut-il vraiment payer le tramway ? Où bouffer et picoler pas cher ? Comment trouver un appart sans avoir à manger du riz matin midi et soir ?..On passe ensuite devant un bloc abritant un festival. La musique déchire bien, mais c'est payant. Toutes les "lanes" (ruelles) sont contrôlées. Dommage...

Il se fait soif. Cécile nous amène dans un building où se trouvent des bars à tous les étages et aux ambiances diverses et variées. On s'arrête tout en haut, au Rooftop Bar, un superbe endroit avec une vue exceptionnelle sur les rues alentours. Musique trip hop, paillote qui propose des tas de boissons et ambiance décontractée. Le lieu idéal pour passer son dimanche autre part que devant Arabesque ou Walker Texas Ranger -malgré tout le respect que j'ai pour Chuck.

On rencontre des potes français à Cécile, en train de siroter une pinte sur la moquette verte, au milieu de raisins affalés dans des chaises en tissu. Sylvain, le parisien, visite la région entre deux petits jobs. Guillaume, le montpelliérain, est boulanger, tandis que les bordelais dont j'ai oublié les prénoms sont fraîchement diplômés d'une école d'ingénieurs. Ils entament leur carrière dans deux cabinets de conseil en sécurité incendie. Travail prenant, salaires une fois et demi plus élevés qu'en France, dans une ville au cadre de vie royal : ils ne regrettent pas leur choix de venir vivre ici. On peut même dire qu'ils vivent sur un petit nuage.

Il commence à se faire tard, Guillaume nous amène dans un restau du quartier grec, dont la communauté est très importante ici. La fatigue commence à gagner l'ensemble des troupes vers vingt-deux heures. On passe le long du festoch pour tâter l'ambiance : pop-rock, hip hop, drum'n'bass...Y'en a pour tous les goûts. Dommage de faire ça un dimanche soir.

On quitte les français avant de regagner notre cher Kingsgate Hotel, pour une nuit de repos bien méritée. Demain, on entame l'Orientation Week.

23.02.2008

Samedi 23 : mission appart à Saint Kilda

Je me réveille à 5h30 du mat', la tête bien enfarinée comme il faut...Pas moyen de me rendormir, je sors du plumard vers 8h30 tout de même, pour prendre une douche. Aujourd'hui on a décidé de s'attaquer aux agences de Saint Kilda, le fameux quartier qui bouge situé dans le sud de Melbourne. Après un p'tit dej' dans le centre et dix minutes de tram, on arrive en haut de Fitzroy Street, la rue principale. Effectivement, ce quartier a de la tronche, avec ses bistrots et cafés affichant programmation musicale, happy hours, et snacks bien gras.

On commence par une agence située tout en bas de la rue, mais la liste des locations ne nous concerne pas, puisque dépourvue d'offres meublées. Le mec de l'accueil nous conseille d'aller faire un tour chez Map, une agence spécialisée dans les apparts meublés. Il nous indique vaguement la route, a priori c'est pas compliqué à trouver. On remonte Fitzroy St pour gratter un peu. Peut-être que d'autres agences y sont installées. Charlène fait une halte dans ce que les australiens appellent une "Pharmacy" : le produit pour lentilles est rangé à côté des chaussettes, elles même disposées au dessus du dentifrice. Charmant. On continue à remonter la rue jusqu'à un fast food pour demander la route vers Map, mais le nom n'évoque rien au gars. Il nous dirige tout de même vers Ackland St, une rue longeant la plage et susceptibles d'accueillir ce genre d'agences.

On continue notre remontée, on s'attelera à Ackland St plus tard. Nous voilà dans St Kilda Road, une immense avenue entourée de buildings abritant des bureaux d'affaires super classes. On marche une bonne vingtaine de minutes, mais pas de Map à l'horizon. On demande aux passants, mais sans adresse, ils ne peuvent pas nous aider. On est un peu dégouttés, il est bientôt midi, donc on décide de redescendre vers Ackland St pour trouver l'agence que nous a indiquée le mec dans le restau. Il s'agit apparemment d'un bureau nommé Wentworth. Le bureau est classe, voire un peu bourge : je sens qu'on va déchanter en voyant les prix des locations. Bingo, 220$ la semaine minimum pour une chambre non-meublée, cent de plus pour du meublé : on dégage illico.

A midi, dans le junk food lunch au patron antipathique, on a un peu le moral dans les chaussettes. La première agence n'avait rien à proposer, Map est introuvable, et quand on trouve quelque chose, c'est hors de prix. C'est ce qu'on appelle rentrer broucouille. On décide d'opter pour la solution internet, en cette fin d'après-midi : on a du mal à trouver les agences qu'on nous indiquent, on se repère mal, on marche des heures pour rien...Peut-être que le net peut nous sauver, ou du moins nous faire gagner du temps et de l'énergie. On appelle quelques numéros trouvés sur gumtree.com à partir d'un cyber café, mais rien ne se concrétise. Soit ça ne répond pas, soit les annonces sont périmées. Ras le bol, on rentre à la maison. Enfin quelle maison ? On a nulle part où crécher ce soir.

On reprend le tram jusqu'à Urban Central, un hotel situé près du Crown Casino, dans South Melbourne. Pas de place. Dommage, c'est bourré de jeunes, les gars à la réception sont cools, ya un bar...Je serais bien restés là dedans quelques nuits. Tant pis, il reste la solution Kingsgate Hotel. Là encore, c'est complet. C'est la claque, on est morts, on n'a pas avancé d'un poil niveau logement, et cerise sur le gâteau, on va devoir trimballer nos valises laissées dans la réserve jusqu'à un autre squat. Heureusement un miracle se produit. Un réceptionniste s'intéresse à notre cas désespéré et a notre grand bonheur noure débusque une réservation qu'il avait oublié d'annuler.

On arrive dans la chambre pour quatre, c'est le grand luxe : beaucoup d'espace, une salle de bain et une table de basse pour prendre l'apéro. Champagne ! On oublie les déboires de la journée en se servant un coup à boire. Après tout, c'est samedi soir, et c'est pas la fatigue qui risque de nous freiner. Emilie et Charlène vont chercher des munitions au liquor store local. Max et moi entamons le Ricard.

Vers vingt-trois heures on prend la Little Collins St en direction un pub irlandais qu'on nous a conseillés à l'accueil, histoire de tâter l'activité nocturne locale. Les australiens se mettent sur leur 31 le samedi soir : jean fashion, chemise à rayures et pompes de ville. On fait un peu tâche à côté mais qu'importe. Emilie et Charlène déclenchent des éclats de rire en passant devant un groupe d'australiennes à moitié à poil. Ben ouais, une meuf en jean ici, ça ne se conçoit pas. L'héritage britannique, quoi.

On s'enquille quelques shooters à huit dollars (argh) dans le rade qui me rappellent la nightlife de Plymouth : un beau décor, très stylish, mais une musique d'ambiance assez atroce, genre de la dance/house pourrie, en décalage complet avec l'ambiance irlandaise. Pas grave, on rigole bien quand même. En face de l'Irish Times, le Balcony : entrée à 10$, consos au même tarif, clientèle select et musique de merde à fond les ballons. On tourne les talons pour tenter le CQ, boîte de quatre étages située un peu plus bas dans la rue. Queue interminable, sélection impitoyable. C'est mort d'avance.

Max et moi retournons vers l'hotel, en espérant croiser un kebab sur notre route. Deux jeunes nous indiquent un grec pas loin de notre hotel. Je les invite à boire un coup dans notre chambre mais ils ont d'autres chats à fouetter. On s'empiffre un des meilleurs kebabs de notre vie avant de se boire un dernier ricard en refaisant le monde. On est achevés, je m'endors devant un divx vers quatre heures. Les nanas déboulent peu de temps après, visiblement elles n'ont pas eu la Chance d'entrer dans le fameux CQ club.

Ca sera pour une autre fois.

22.02.2008

Vendredi 22 : le début de l'aventure

J’arrive enfin à poster un truc sur le blog, après une semaine de tâtonnements, d’errance, d’espoirs et de faux espoirs dans la somptueuse Melbourne.

Ne vous inquiétez pas, tout va bien ici. Après un voyage des plus agréable (merci Air France pour la qualité de la bouffe et le pinard, j’en suis encore tout retourné), et un contrôle douanier assez féroce, nous sommes enfin arrivés dans la capitale du Victoria. On est vendredi, il est sept heures. D’après mes calculs, en France on est encore jeudi, vingt et une heures. Les raisins brestois doivent être à l’apéro depuis déjà quelques verres. Première impression, il fait bon. C’est la fin de l’été ici, la rentrée arrive bientôt, mais le soleil continue de taper.

A la sortie de l’aéroport, on prend le bus direction le Center Business District, où l’on doit retrouver Maxime et Emilie dans une des nombreuses sections de notre université, en plein centre. Les deux larrons sont là-bas depuis la veille au soir, j’espère qu’ils nous ont trouvés un hôtel où squatter…16$ (11€) le trajet de vingt kilomètres, pendant lequel on observe les environs de la ville comme des gosses. Le périph’ rapide comme son homologue parisien, ses lignes jaunes sur la route, ses grosses bagnoles asiat’ et ricaines, et ses immenses trucks décorés façon Memphis style. Où sont passées les clios et les mobylettes ?

On nous largue à la Southern Cross Station, à l’est du centre. On est clairement paumés et usés. Le voyage de plus de vingt heures et le décalage horaire doivent y être pour quelque chose. Nos bagages aussi. On se renseigne, on trouve Bourke Street, l’artère principale de notre fac. On marche, on marche et on marche encore. On s’enfonce de plus en plus dans le CBD, et ses gratte-ciels, les golden boys qui y travaillent, ses cafés, ses bars, ses hôtels, et bien sûr son tramway d’un autre âge.

Les gens n’ont pas l’air stressés ici. Ils sourient dans la rue, marchent à une allure normale. Les cravates se mélangent aux shorts, tongs et piercings. On est loin des vieilles peaux parisiennes en manteau de fourrure, et on va pas s’en plaindre.

On se pose à un café histoire de reposer. J’ai le bras et les jambes en miettes. Trois dollars (deux euros) le grand café, c’est honnête. Après une p’tite engueulade avec Charlène dûe à la fatigue, on décide de prendre un taxi. Le mec ne nous amène pas au bon building. Tant pis, on marche pour rejoindre le vrai point de rendez-vous. Quelques minutes plus tard, Maxime et Emilie nous retrouvent. Ca fait bizarre de se retrouver à l’autre bout de la planète.

Ils ont réservé le Kingsgate Hotel, dans King Street. Bien situé, façade très propre, hall impeccap’, ça a l’air de bien claquer. 35$ la nuit (22 €) : en plus, le tarif est correct. Mais bon le reste, c’est pas ça. Une fois parvenus au bout du labyrinthe, on entre dans une chambre de six mètres carrés avec deux lits surperposés et un petit placard. La tuyauterie apparente et le vis-à-vis sur une cour morbide font un peu penser à une cellule. Les chiottes et douches, séparées, sont encore plus précaires mais qu’importe, on s’en tape. On va enfin pioncer ce soir et c’est tout ce qui compte. D’ailleurs on en rigole.

Après une bouffe à Chinatown, on trace à la fac pour se renseigner sur les logements. Une nana très sympa nous donne des conseils pour chercher efficacement un appart. La fac dispose d’une base de données importante, c’est plutôt rassurant. On note quelques numéros de proprios, mais force est de constater que l’offre est limitée. On sent déjà qu’on va trimer pour trouver un truc.

On retourne à l’hôtel pour passer des coups de fils avec ce qu’on a pu récupérer. Tout est déjà pris, ou alors ça répond pas. Je suis flapi de chez flapi, je décide d’aller faire un somme dans ma cellule. Charlène aussi. Les trois heures de sommeil en deux jours m’ont achevé. Il est seize heures ici. Deux heures plus tard, maxime nous réveille. Il est parti à St Kilda, le quartier qui bouge situé dans le sud de la ville. Excité, il insiste pour qu’on tente de trouver un appart là-bas. Visiblement le quartier vaut le coup d’œil. On verra ça demain, ce soir, ya plus de jus, j’ai la tête comme une pastèque.

Le soir, on remonte King Street histoire de casser la croûte quelque part. On s’arrête dans un hôtel-restau un peu plus haut dans la rue. Un interminable burger à 6$ et une pinte plus loin, on est calés. Et lessivés. Le décalage horaire fait des dégâts, plus que ce que j’avais prévu en tout cas (« une p’tite sieste et c’est mar’…»). On retourne à l’hôtel pour passer une nuit bien méritée. Il est 22h (midi en France).

La première journée à Melbourne a été usante, mais laisse entrevoir un agréable séjour, dans une ville qui bouge, décontractée, au cadre de vie incomparable à ce qu’on peut connaître en France. On a hâte d’entrer dans la routine australienne.

20.02.2008

Présentation du blog

Salut tout le monde.

Petite présentation de qui je suis ainsi que de ce blog, avant d'entrer dans le vif du sujet :

Je m'appelle Jérémy, j'ai 25 ans, et je suis actuellement étudiant en deuxième année à l'ESC Brest. J'effectue actuellement un séjour d'études à Melbourne, la métropole du sud de l'Australie, dans le cadre d'un échange entre l'ESC et le Royal Melbourne Institute of Technology. Trois autres étudiants de ma promo m'accompagnent : Emilie (Brest) et Maxime (Vannes) sont en cours, tout comme moi. Charlène (Lannion), quant à elle, profite de son année Césure pour faire un road trip de deux mois.

Je vais tenter dans ce blog, aussi fréquemment que possible, de vous raconter notre vie à l'autre bout de la planète. Les différences culturelles, les rencontres, les cours en anglais, les bons plans pour man, les coins à visiter, et bien sûr quelques péripéties nocturnes...

I hope you'll enjoy it :)

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